Tel un fantôme dément

    Sa chambre était froide, ses habits, raides et sales témoignaient de son laisser-aller. Elle s’en vêtit pourtant et trouva, sans trop de difficultés, le chemin vers la bibliothèque. Il n’y avait rien d’anodin en cela. Il lui arrivait de perdre totalement conscience et de son existence et de ses pas. Elle errait alors dans la forteresse, tel un fantôme dément, sans but, ni visée. Parfois elle quittait cet état, ramenée par la nécromante à un degré plus vrai de conscience, au sommet d’une tour, à l’entrée des caves ou au milieu d’une cour, tournant sur elle-même, les yeux au ciel depuis si longtemps que ses pieds nus étaient en sang et sa nuque comme dépourvue de vertèbres. En miroir, le noir bastion et ses quelques occupants semblaient s’être extraits du cours du temps et du monde…

extrait - Æsir, chapitre 11 : les jours nés du sang.

 
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