Sur les beffrois et les donjons

    Elle le ressentait à la lisière de sa raison vacillante. Même contraints à l’aboulie, ses sens seconds lui communiquaient l’empreinte d’une incommensurable puissance. Les ombres, qui d’ordinaire se cantonnaient dans certains lieux de Nil’ichor, l’envahissaient toute entière. Elles s’étaient propagées sur le moindre mur, dans le plus étroit des corridors. Leur chape, agitée de remous et se boursoufflant d’inflorescences vénéneuses, rampait maintenant sur les parois extérieures, inondait les cours, maquillait les fenêtres de la bibliothèque, s’enroulait sur les beffrois et les donjons. Leur nombre n’avait cessé d’augmenter depuis les premiers combats sacrificiels. Ce soir, on toucherait au paroxysme…

extrait - Æsir, chapitre 9 : l’ombre des jours.

 
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