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Sous l’échafaud

    Il vengea Be’org d’un coup de taille bas dans les côtes et arracha le vieux bliaud bleu suffoquant de la nuée de violence et de sang. Il le tira sous l’échafaud, tandis que celui-ci, ses deux mains pressées sur sa blessure répétait :
— Va, Glace, va. Le capitaine…
— Je veux une promesse, Be’org. Tu tiendras ?
— Je tiendrai. Va !
Et Glace s’en fut, expier son chagrin avec encore plus de sang versé. Pour que tous le voient, le capitaine s’était juché sur la potence et ferraillait durement avec des tabards bleus et argent, pendu d’autres soldats pareillement vêtus jusqu’à se confondre, même si aux cœurs des uns, aux bras des autres, une haine fratricide se déchaînait en mailles de fureur…

extrait – Æsir, chapitre 8 : percer à jour.

 
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L’autel pyramidal

    Tout autour de l’autel pyramidal, on avait dressé une haute cage, et la nécromante y tenait séance, comme un bel oiseau noir, amoureux de ses barreaux. Délivrés de leurs chaînes, ses esclaves et ses monstres se pressaient avec violence, leurs bras et leurs gueules s’introduisant entre les herses d’acier pour tenter de la happer au passage. Mais toujours, celle qui leur avait donné naissance restait hors portée. Couronnée d’ombres fuligineuses s’effilochant en rinceaux et en volutes, elle était debout sur une passerelle qui se balançait au sommet d’un bossoir. Son gantelet métallique et son gorgerin renvoyaient aux flambeaux et aux braseros les reflets de leurs fauves lueurs. Elle dardait sur son enfer personnel de longs regards inquisiteurs et vaguement hantés par la folie, la soif de pouvoir…

extrait – Æsir, chapitre 9 : l’ombre des jours.

 
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Genèse du roman

Æsir est mon premier roman achevé. Pas le premier à prendre forme dans l’écriture, pas le premier à germer dans mon esprit, mais le premier à se voir porté à maturité, à se conclure d’une fin qui me convienne. Cinq années ont passé depuis la première phrase posée sur le papier. Il s’agissait alors pour moi de rédiger une longue nouvelle intitulée Le jour dernier. Ce texte achevé, je n’ai pas su refermer l’écritoire, j’avais encore des choses à dire et j’avais fait mien ce lieu commun qui est de s’attacher à ses personnages.

Æsir se doit à diverses influences, les plus manifestes viennent sans doute de légendes nordiques, grecques et slaves. Il y a des auteurs dont je me suis nourrie, tels R.E. Howard et Clark Ashton Smith, précurseurs de cette Dark Fantasy qu’on nomme aussi parfois Sword & Sorcery et qui met en scène des guerriers aux prises avec des conflits dramatiques et des aventures épiques. Hyperborée… c’est sur un reflet des terres de ces deux grands magiciens des mots que se déroule Æsir. Je peux aussi ajouter à la liste de mes inspirations, les récits de M. Moorcock, J.R.R. Tolkien, Le Guin, Zelazny ou G.R.R. Martin qui m’ont fortement et durablement impressionnée jusqu’à rejaillir, sans doute, dans mes propres histoires.

D’autres influences me sont plus personnelles et constituent un pied de nez au sexisme et au racisme qui clapotent parfois sous la surface des textes de Howard. Le monde dépeint dans Æsir est violent, l’intrigue, pour beaucoup, tragique, mais j’espère aussi y avoir ajouté quelques notes d’humour, des messages d’espoir, de tolérance et surtout un appel à l’évasion.

 
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