Archives par mot-clé : guerrier

L’acier se mit à chanter

    L’acier se mit à chanter dans l’air humide de la nuit approchant. Les ténèbres assistaient au combat d’une volonté inexpugnable, car nourrie d’espérances autant que de désespoirs. Seul contre deux, ignorant toute prudence, le vagabond se mettait en danger à chacun des coups qu’il portait ou qu’il paraît. Il ne rompit pas sous la pression, négligea les feintes faciles et les escarmouches, il visait au cœur, à la tête, au ventre. Sa fougue fit reculer les deux guerriers, il avait l’avantage de n’avoir rien à perdre, d’être plus léger et habitué à se déplacer la nuit. D’un retour de parade, refusant à son corps, la protection d’une nouvelle mise en garde, il blessa l’un deux gravement, lui entamant la cuisse profondément. Le guerrier s’effondra tandis que son compagnon enrageait et enchaînait les coups de taille à une vitesse effrayante. Le vagabond esquiva et lança son arme à la recherche d’une faille, ne déviant parfois l’épée de son adversaire qu’au dernier instant…

extrait – Æsir, chapitre 4 : les jours nouveaux.

 
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La même furie immonde

    Et cette fois aussi, il n’y a que les cris pour s’opposer à un premier vieillard qu’on éventre. Le guerrier arrache ses tripes qui fument et les lance contre un mur alors que dans les yeux de l’aïeul s’allume l’étonnement d’être encore vivant pour un instant. D’autres se propulsent dans la mêlée des corps et se taillent un passage comme des bûcherons dans une forêt. L’un d’eux jette tardivement son dévolu sur une fille dont il vient de sabrer les jambes et déchirant sa jupe se met à la violer tandis qu’elle se vide de son sang. D’aucuns l’imitent avec la même furie immonde…

extrait – Æsir, chapitre 3 : compter les jours.

 
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L’enfer en approche

    Le vent était contre eux. Soufflant en rafales, masquant les congères et les crevasses de tourbillons neigeux, gelant leurs extrémités et, qui savait ? … si ces êtres avaient du flair, la brise entraînait leur odeur vers la horde. Bien avant l’aube, les éclaireurs s’étaient mis en mouvement dans le plus grand des silences, escaladant plus que cheminant le plus rapidement possible vers la brèche d’Erin, dernière porte avant la route des crêtes menant à Æsir. Depuis peu, même avec les sifflements puissants des bourrasques, ils entendaient nettement la marche des guerriers noirs, cliquetis d’armes, grognements, et des milliers de pieds faisant crisser la neige, rouler les gravats… l’enfer en approche. Aldéric craignait de manquer de temps et les coups d’œil inquiets de ses compagnons sur leurs arrières signifiaient qu’ils pensaient de même. Sans compter qu’ils n’avaient nulle certitude concernant la réussite de leur entreprise. Il faudrait que la montagne fût avec eux…

extrait – Æsir, chapitre 1 : le jour dernier.

 
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