Archives par mot-clé : guerre

Ecumant de rage

    À voir ces visages, tous déjà tournés vers la mort et la guerre, le vieux mage en oublia un instant que lui-même avait une mission. Il s’enfonça encore, entre les lignes des guerriers, leurs armes étincelantes, leur livrée bleu et argent enorgueillies du miroir que leur faisaient les cieux azurs peuplés de nuages, leur souffle fumant dans la froidure du matin, les tressautements de leurs épaules, les flexions de leurs jambes témoignant de leur appréhension et de cette trop longue attente qui les éprouvait autant que la perspective funeste de ne point en réchapper. Le mage trouva enfin sa place près d’un enclos de bêtes à cornes écumant de rage…

extrait – Æsir, chapitre 10 : jours de guerre.

 
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Les fossés qui séparent les peuples

    — Autour de la table, beaucoup montrèrent des signes d’incompréhension. Ce qu’évoquait Orbelon était par trop lointain pour qu’ils en aient eu un jour connaissance.
— Les raisons de cet être, quel qu’il soit, ne me semblent pas aussi manifestes… mais une chose est certaine, il n’y a aucune autre façon de le traiter : c’est un fléau ! Il nous faut le débusquer et le tuer ! ajouta l’un des grands prêtres.
— C’est là le vouloir des Trois ! Ne voyez-vous pas, frères commorians, que c’est ce que l’on attend de nous ? Le retour en grâce des habitants d’Hyperborée et de Borée est à ce prix. Contre l’ennemi tous rassemblés, les Trois Têtes pour veiller, nous marcherons sur cet être qui nous défie, qui tente d’élargir encore les fossés qui séparent les peuples, enchaîna aussitôt son pendant…

extrait – Æsir, chapitre 10 : jours de guerre.

 
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Couronner une dernière fois les morts

    Le combat enflait comme des coulures de neige dévalant d’un sommet. Au diapason des mugissements de milliers de voix, l’aigu des fers qui se mordent, les chocs des coups et des corps, le martèlement des pieds et des sabots faisant vibrer la terre. Ils avaient l’avantage, ceux, en surcot safran, qui, sur les chars, menaient les aurochs à percuter les lignes des fantassins commorians. Sur l’arrière, les archers étaient gênés par le soleil déclinant, embrasant le champ de bataille de mirifiques rayons d’or comme pour couronner une dernière fois les morts. Plus au nord, là où les premiers contreforts du Nordheim épousaient la vallée, à la limite de l’écume noire de la forêt, des cavaliers des deux camps voltigeaient comme des nuées d’insectes, harcelant la masse des troupiers avançant pied à pied.

Æsir, chapitre 10 : jours de guerres.

 
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