Archives par mot-clé : cité

Le bruit étouffé de pas

    Il déboucha dans la ruelle et confia son chemin au hasard en prenant sur sa droite. Il se trouvait dans les quartiers hauts de la cité, ceux jouxtant le palais. Les maisons y étaient plus prospères, de pierres parfois et disposant d’un étage. À l’intersection avec une rue plus passante, il suivit instinctivement la direction des bas-fonds, laissant, dans son dos, la masse sombre du second mur d’enceinte qui dessinait son profil de géant sur les cieux nocturnes. Les faces aveugles des masures ne le renseignèrent pas, l’obscurité pénétrait jusqu’aux rigoles récoltant la fange mais, par moment, il avait l’impression d’entendre devant lui le bruit étouffé de pas, le cliquetis de la boucle d’un ceinturon…

extrait – Æsir, chapitre 8 : percer à jour.

 
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Atlantis

    Je me retrouve soudain devant une porte majestueuse. Mon cœur manque un battement, car je reconnais de suite les inscriptions et le style architectural des derniers siècles d’Atlantis. Derrière, il y a la vie comme elle est décrite dans les livres atlantes. Les gens sont beaux, souriants, bien vêtus et porteurs sur leurs traits d’une indicible félicité. Leurs maisons sont de marbres, de verres multicolores et de bois chantourné. Ils vaquent à leur occupation, sur les marchés, dans les universités et les jardins où l’art et la musique fleurissent au milieu des roses. Puis, brusquement, une ombre noire recouvre tout et je comprends que le géant de glace m’a rattrapée, sa masse s’abîme sur la cité et tout disparaît, les gens, les choses, les odeurs et les chants pour ne laisser place qu’à des vestiges usés par le temps…

extrait – Æsir, chapitre 5 : nuit et jour.

 
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Unijambiste

   Après avoir demandé son chemin à un mendiant unijambiste, le seul qu’il avait osé approcher, du fait de son infirmité voyante – on n’était jamais trop prudent dans cette partie de la cité – il s’arrêta devant une porte basse et branlante, bouche puante sur la face borgne d’une masure de bois. Comme indiqué dans le message, il toqua trois fois, puis deux. Il attendit. Le grand type qui lui ouvrit lui signifia d’entrer d’un mouvement du menton…

extrait – Æsir, chapitre 4 : le jour de Glace.

 
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