Archives par mot-clé : arme

L’acier se mit à chanter

    L’acier se mit à chanter dans l’air humide de la nuit approchant. Les ténèbres assistaient au combat d’une volonté inexpugnable, car nourrie d’espérances autant que de désespoirs. Seul contre deux, ignorant toute prudence, le vagabond se mettait en danger à chacun des coups qu’il portait ou qu’il paraît. Il ne rompit pas sous la pression, négligea les feintes faciles et les escarmouches, il visait au cœur, à la tête, au ventre. Sa fougue fit reculer les deux guerriers, il avait l’avantage de n’avoir rien à perdre, d’être plus léger et habitué à se déplacer la nuit. D’un retour de parade, refusant à son corps, la protection d’une nouvelle mise en garde, il blessa l’un deux gravement, lui entamant la cuisse profondément. Le guerrier s’effondra tandis que son compagnon enrageait et enchaînait les coups de taille à une vitesse effrayante. Le vagabond esquiva et lança son arme à la recherche d’une faille, ne déviant parfois l’épée de son adversaire qu’au dernier instant…

extrait – Æsir, chapitre 4 : les jours nouveaux.

 
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Ecumant de rage

    À voir ces visages, tous déjà tournés vers la mort et la guerre, le vieux mage en oublia un instant que lui-même avait une mission. Il s’enfonça encore, entre les lignes des guerriers, leurs armes étincelantes, leur livrée bleu et argent enorgueillies du miroir que leur faisaient les cieux azurs peuplés de nuages, leur souffle fumant dans la froidure du matin, les tressautements de leurs épaules, les flexions de leurs jambes témoignant de leur appréhension et de cette trop longue attente qui les éprouvait autant que la perspective funeste de ne point en réchapper. Le mage trouva enfin sa place près d’un enclos de bêtes à cornes écumant de rage…

extrait – Æsir, chapitre 10 : jours de guerre.

 
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Au-delà des marais d’Avian

    — Doit-on craindre la venue d’autres fâcheux ?
— Je ne le pense pas. Ceux-là étaient seuls et bien loin de chez eux. À en croire leur façon de s’exprimer, leurs armes et leurs vêtements, ils arrivaient du sud, d’au-delà des marais d’Avian, en Nammoria.
— Et ils sont venus à pied ? C’est étrange…
— Peut-être ont-ils laissé leurs chevaux quelque part en contrebas, répondit le vieillard en haussant les épaules.
— Et le vôtre ?
— Je n’en ai pas…

extrait – Æsir, chapitre 2 : les jours nouveaux.

 
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Le cercle de terre

    Dans d’autres tentes, la livrée était d’argent, mais au cœur s’allumait la même appréhension. Le tournoi n’était plus tant un jeu ou une exhibition depuis que des carrières et des fortunes s’étaient faites dans le cercle de terre, que par son intérêt ou son oisiveté le prince précipitait l’issue du combat. À cette foule venue pour les acclamer, les preux devaient prouver leur valeur, à ce prince qu’ils protégeaient, qui les entretenait, ils devaient démontrer leur probité et leur obéissance. Pour le spectacle plus que pour mimer la guerre, en laquelle la lance pour les fantassins, le scramasaxe ou la dague, en combat rapproché, étaient privilégiés, les hommes useraient d’épées longues de plus de deux coudées qui accompagnaient habituellement le côté des cavaliers. Cependant, aux premiers sangs, à part en cas d’interjection du prince, l’affrontement s’achèverait…

extrait – Æsir, chapitre 6 : les beaux-jours.

 
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