Mar’adan, la déesse mère

    Dans toutes les places hautes de la ville, des marchands avaient monté leurs étals comme au jour des grandes foires et côtoyaient les mimes, les montreurs d’ours des cavernes et les dresseurs d’hyènes. Les petits paysans, aux joues maquillées de noir, vendaient à la sauvette des statuettes et des amulettes sculptées dans des bois de megaloceros. Elles figuraient Mar’adan, la déesse mère, honorée plus que quiconque en ces jours d’exubérance de la nature. Dans les tavernes, on agrémentait l’ale et les liqueurs de jeunes feuillures de saule arctique, pour aviver le sang, disait-on, comme le soleil avivait la sève des végétaux. À quelques pas à l’extérieur des remparts de Lød, les maîtres rôtisseurs avaient préparé leurs foyers depuis la veille et cuisaient en continu de succulentes pièces de venaison de mammouths laineux ou de cœlodontes. Pour de nombreux citadins, c’était la première fois depuis de longs mois qu’ils avaient l’occasion de manger de la viande fraîche…

extrait – Æsir, chapitre 6 : les beaux-jours.

 
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