L’autel pyramidal

    Tout autour de l’autel pyramidal, on avait dressé une haute cage, et la nécromante y tenait séance, comme un bel oiseau noir, amoureux de ses barreaux. Délivrés de leurs chaînes, ses esclaves et ses monstres se pressaient avec violence, leurs bras et leurs gueules s’introduisant entre les herses d’acier pour tenter de la happer au passage. Mais toujours, celle qui leur avait donné naissance restait hors portée. Couronnée d’ombres fuligineuses s’effilochant en rinceaux et en volutes, elle était debout sur une passerelle qui se balançait au sommet d’un bossoir. Son gantelet métallique et son gorgerin renvoyaient aux flambeaux et aux braseros les reflets de leurs fauves lueurs. Elle dardait sur son enfer personnel de longs regards inquisiteurs et vaguement hantés par la folie, la soif de pouvoir…

extrait – Æsir, chapitre 9 : l’ombre des jours.

 
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