La sueur délaya le sang

    Un choc derrière la tête le fit tomber et mordre dans une neige au goût de merde et de sang. Il lâcha son épée. Il ne dut la vie qu’à un autre réflexe prélevé dans une réserve d’énergie s’amenuisant. Il lui fut permis de rouler sur le côté et d’éviter que, comme un piolet en la glace, on ne l’épingle d’une lance entre les omoplates. Il rampa un peu plus loin et se tourna bien vite sur le dos. Quitte à accueillir la mort, il préférait que ce fût de face. Mais nul ne vint l’achever et il eut le temps de se débarrasser de son casque qui, tout bosselé, gênait maintenant sa vision et le blessait cruellement au niveau du nez. Sur son visage, la sueur délaya le sang et il vit un tabard safran ramasser sa lame atlante comme curieux de sa trouvaille, alors que tout autour, on s’éventrait férocement.

extrait - Æsir, chapitre 10 : jours de guerres.

 
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