La plaie

    — Tu as pour moi les attentions d’une mère, Be’org, pas d’un aide de camp.
— Je fais ce qui doit pour que notre mission ne s’achève pas prématurément, avec ton décès, le contra le soldat en s’installant près de lui et en déposant une écuelle de soupe, une autre d’eau fumante et des bandages propres. Voyons d’abord cette jambe, tu mangeras ensuite.
La plaie s’étendait en fait de la périphérie du mollet jusqu’à l’extérieur du genou et s’élargissait encore à la naissance de la cuisse. Miraculeusement, l’articulation n’avait pas été touchée, ni même des tendons ou des nerfs qui l’auraient paralysé. Mais les fibres musculaires peinaient à se reformer, contrariées par les humeurs suintantes qui s’épanchaient nauséabondes. Et le derme, il fallait sans cesse l’exciser pour que, tel un fruit véreux, il ne dissimule la pourriture…

extrait – Æsir, chapitre 11 : les jours nés du sang.

 
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