La blancheur étoilée des anémones

    Plus haut, aux abords du chemin, il s’arrêta quelques instants pour contempler les pousses de silènes émergeant des crevasses. On disait que la blancheur étoilée des anémones constellait les sous-bois de la forêt d’Almar dont il discernait l’orée, en direction de l’est. La sylve résonnerait bientôt des barrissements des grandes bêtes à défenses qui, avant la fête des beaux jours, s’en reviendraient du sud. Le montagnard n’en avait jamais vues sinon sur des gravures. Même dans les zones sèches et battues par les vents glacés, le sol n’était plus gelé que sur un doigt d’épaisseur. À l’ouest, dans les basses montagnes qu’il avait quittées trente jours auparavant, le printemps s’était déjà bien installé. La renaissance de la belle saison s’affirmait dans mille détails et nuances qui impressionnaient sa rétine et son esprit de sensations douces amères. La beauté des fleurs, le sourire des filles, tout ce vert, toutes ces couleurs, pour lui qui venait d’un monde froid et blanc, c’était si dépaysant…

extrait – Æsir, chapitre 4 : le jour de Glace.

 
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