Brûlée par le sel

    Pendant une lieue, ils galopèrent sur un tapis d’herbe jaune, craquante et brûlée par le sel. L’océan encore invisible était partout et en tout : dans l’air, sa pesanteur saline chargée d’odeur de marée, dans la rumeur des vagues qu’ils ne discernaient pas nettement, dans le cri des oiseaux portés toujours plus loin par les vents ascendants et dans les cieux gris-bleu qui moutonnaient en miroir de ses crêtes brodées d’écume. La lumière avait cette limpidité extraordinaire qu’on ne rencontre ailleurs qu’au plus haut des cimes. Puis, ils atteignirent des dunes blanches et Be’org s’exclama :
— Le voici qui mugit, roule et déferle, s’entrainant lui-même de sa puissance et de sa propre éternité ! Saphéath qu’il est beau !
Et il parlait de l’océan et non de la silhouette immobile et solitaire qu’ils voyaient à présent au pied de la colonne de fumée…

extrait – Æsir, chapitre 11 : les jours nés du sang.

 
Ce contenu a été publié dans Fragments, avec comme mot(s)-clé(s) , , , , , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>